Jean-Baptiste Polge

Jean-Baptiste Polge (c’est moi - selon moi, un échec est une grande réussite non assumée. Ayant assisté à une analyse universitaire de l’un de ses poèmes, Paul Valéry écrit : « Un ouvrage n’est jamais achevé, mais abandonné ; et cet abandon, qui le livre aux flammes ou au public, est une sorte d’accident. Mon poème étudié comme un fait accompli... Il faut dire que, pour moi, c’est par accident que fut fixée la figure de cet ouvrage ». La plus grande réussite d’un artiste, le plus souvent, lui fut arrachée, de force, par d’autres. Et selon Emil Cioran : « Il est impossible de lire une ligne de Kleist, sans penser qu’il s’est tué. C’est comme si son suicide avait précédé son œuvre ». J’ai suivi des enseignements dans des écoles, je conçois des spectacles, et je joue dans ceux des autres, c’est là que je trouve une plus grande joie. Je ne sais pas encore quoi —puisque je le cherche— mais, inlassablement, je cherche une forme dont il me semble deviner les contours à l’horizon... Je décris ce contour, comme je peux, pour le partager. Mes souvenirs me dictent. Nicolas Mouzet rapporte que Jean-Pierre Rafaëlli aurait dit : « Quand tu mets une veste sur scène, il faut que tout le public la mette avec toi ». Valentina Sanges en ma présence aurait dit : « Tu complexifies tout ». Je suis conscient que le voyage temporel est plein de dangers. Que Davos Hanich en mettant au jour ce qu’il y cherchait, y a trouvé ce qu’il cherchait à fuir. Je suis conscient qu’on ne peut être soi, dans ses actes, qu’une fois enfin qu’on n’est plus que tous les autres — j’essaie de ne pas m’y arrêter. Je sais aussi que Borges, dans une nouvelle écrite par un auteur du même nom, a reçu le Zahir dans un bar de Buenos Aires. J’ai changé de quartier pour le Sud de Bruxelles.)

PARCOURS À L’L
Suite à un dépôt de dossier de candidature, Jean-Baptiste Polge est entré en résidence à L’L en septembre 2014. Sa première recherche, il a choisi de l’intituler, La sensation du passage du temps pendant la représentation, en toute logique « explicite » avec les interrogations qui le guident dans ce travail.